Oeuvre

ŒUVRES DE NABATI                                                                                                6

 

 

Shahram Nabati définit la démarche qui anime son œuvre d’artiste peintre dans les termes suivants :

 

A travers le  réel vers l’abstrait

Je voudrais pour mieux définir ma démarche de travail, revenir un instant sur mon histoire.

Au début, je regardais tout ce qui m’arrivait d’un point de vue réaliste et je pensais que c’était la seule vraie démarche.

Puis, avec le temps, et avec mon arrivée en France, j’ai acquis plus de moyens et de possibilités dans un milieu tout nouveau.

Ma vision des choses et du monde s’est trouvée renouvelée ; toute une série de barrières sont tombées et mon regard s’est élargi à plusieurs  dimensions.

Actuellement, cette vision est devenue plus abstraite, sans pour autant abandonner l’angle réaliste. Car, je pense pouvoir étudier et explorer de nouvelles voies pour inventer un style neuf. Un style qui aura, je pense, une place originale, encore peu occupée.

On pense en général, à propos de l’art abstrait, qu’il est conditionné par une absence de principes fondamentaux et on imagine, à tort, qu’on peut, en peinture, se passer d’une science, d’une connaissance fondée sur des techniques artistiques (composition, harmonie des couleurs, contraste, analyse…).

C’est pourtant le but que j’ambitionne, avec l’espoir de l’atteindre bientôt.

L’œuvre de Shahram Nabati se répartit donc en plusieurs phases qui sont à la fois successives et concomitantes, du réalisme à l’abstrait, depuis la première période de formation en Iran où le jeune peintre fait son apprentissage auprès d’un maître, de façon toute traditionnelle, comme se font les choses en Iran depuis toujours.

Shahram Nabati poursuit en France cette œuvre de copie, comme en témoignent plusieurs remarquables copies de nombreux maîtres européens (Philippe de Champaigne, Canaletto, Chardin, Bouguereau, Manet, Courbet, Blake…). De cette expérience, il tire une technique très solide de tous les styles de la peinture européenne. Mais son imaginaire ne se satisfait pas de cette approche réaliste. Son trait se fait toujours plus stylisé jusqu’à l’abstrait, où il compose dans une manière toute à lui, les formes les plus diverses, faites de courbes et de corps lumineux et colorés. Nabati exploite toute la palette. Souvent la toile s’épaissit de couches épaissses, de matières explosées, de projections. L’art de Nabati est un art du mouvement. Le monde de ses formes est un monde en mouvement. La grande obsession de cet art, c’est le corps humain. En Iran ce corps est problématique, aussi bien dans l’espace sociopolitique que dans l’espace socioculturel, dans l’esthétique iranienne. C’est pourquoi Nabati devra quitter son pays en 2003, pour échapper à une culture qui ne laisse aucune chance à son art de s’exprimer. C’est dans la forme du nu que le figuratif et l’abstrait se partageront alternativement la main du peintre dans une quête jamais satisfaite.